du 9 au 22 novembre 2017

Pascal Vilcollet

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la pratique de Pascal Vilcollet fait preuve d’une grande proximité avec une tradition de la peinture figurative. Au niveau de ses motifs et de ses références, le rapprochement est tel que l’on serait tenté de l’assimiler à un travail de citation, de réinterprétation, voire d’hommage à l’égard d’illustres prédécesseurs. Il est vrai que l’on assiste de toile en toile, dans le cadre de cette exposition proposée par la galerie Guido Romero Pierini, à la mise en œuvre de figures, de corps ou de silhouettes qui puisent directement dans l’histoire des arts. Au niveau des motifs, on retrouve, par exemple, à travers les carcasses de chair qui s’élancent et se fractionnent, à travers également les jeux d’équilibre et les contorsions, ou encore les contrastes relativement prononcés et la vivacité des teintes, une imagerie qui en appelle inévitablement au caravagisme et, de façon plus globale, à la peinture baroque.

Pour autant, un regard plus attentif sur la peinture de Pascal Vilcollet permet de considérer que le travail de citation connaît ses contradictions, ne serait-ce que par l’utilisation de techniques mixtes, et parfois de la peinture acrylique, là où ses devanciers employaient uniquement la peinture à l’huile. D’un point de vue purement visuel, les motifs sont sans doute identiques, mais leur consistance estompe la volonté de corroborer avec exactitude au réel, à la réalité de ce qui est représenté, ainsi que l’ambitionnaient les Anciens. La flamme vacillante d’une bougie ou le caractère soyeux des drapés pouvait, par exemple, tirer profit d’une peinture à l’huile plus à même de restituer une texture suintante et quasiment tactile. Les corps et les chairs eux-mêmes étaient soutenus par une teneur, une épaisseur peut-être, en mesure de rendre force et vigueur aux postures qui se dessinaient.

Dès lors, dans les premières toiles présentées dans cette exposition – celles qui précisément sont les plus citationnelles et les plus distance à l’égard des antécédents, et à l’égard d’une conception de la peinture qui s’envisage comme un mime absolu de la réalité. Par conséquent, la démarche référencée de Pascal Vilcollet ne manque qui, simultanément, entreprend une sémantique de la citation, tout en D’une certaine façon, la référence à William Bouguereau, peintre académique de la seconde moitié du XIXème siècle, nous donne un indice. L’art dit « pompier », dont ce dernier est l’un des te- nants, s’est vu discrédité par ses contemporains et par sa postérité immédiate, dès lors qu’il est advenu un temps où la perfection du dessin, la dextérité technique, et la volonté de faire de la peinture un double du réel parfaitement accompli, sont concurrencées par les velléités naissantes des processus d’abstraction. Or, Pascal Vilcollet s’empare de Bouguereau en reproduisant certains tableaux, du moins, certaines parties de ses tableaux ; il s’appuie donc sur un peintre qui, jadis, qu’elle s’oppose à son temps et s’interroge sur sa raison d’être. de mise en abîme qui consiste à envisager, d’une part, l’acte de peindre comme un motif de dépassement en soi, et, d’autre part, à considérer toute itération avant tout comme une réitération. Ce qui peut paraître étourdissant, de surcroît, est le fait d’imaginer ces peintres antérieurs aussi, contredisent les principes de leurs propres prédécesseurs, tout en prolongeant les avancées laborieusement acquises par ces derniers.

En outre, à travers ce travail de prélèvement et, peut-être, comme de leurs implications contextuelles – on pressent le désir de peinture en tant qu’art de la représentation, mais en tant qu’art une évaluation qui, à défaut d’être narrative, n’en reste pas moins déversent de façon aléatoire sur l’espace de la toile, tandis que des

Julien Verhaeghe, critique d’art
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