So Close, vue d'exposition, 9 juin 2020

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S’il y a des vocations toutes tracées, il y a aussi ces heureux hasards qui dessinent des destinées insoupçonnées. L’histoire de Guido Romero Pierini fait partie de celles que nous aimons écouter car elle procure la conviction que rien n’est figé.

Pour cet italo-espagnol ayant vécu toute sa vie à Paris, le monde de l’art était d’abord celui des objets, que ses grands-parents dénichaient chez les antiquaires; celui des musées, lors des visites au Louvre enfant; celui aussi, des étés en Toscane, au milieu du patrimoine florentin. Si les premiers souvenirs artistiques sont bercés d’une aura classique, Guido Romero Pierini emprunte pourtant le chemin de l’art contemporain, suite à divers événements et rencontres aussi fortuites que décisives. 

L’onomatopée de l’art 

Après des études en langues étrangères appliquées à la Sorbonne, Guido Romero Pierini devient traducteur trilingue, un métier de l’art des mots en adéquation avec son amour pour la lettre. Parallèlement, il lance en 2011 son site en ligne BoumBang,  une plateforme d’écriture dédiée à l’art contemporain, univers qui prend une place prépondérante le jour où il rencontre l’artiste Lou Ros. La révélation opère, une amitié naît, et sans le savoir, le futur galeriste venait de faire la connaissance du premier artiste qu’il représenterait. 

Au fil des publications BoumBang, les connaissances s’aiguisent, un réseau se tisse et une communauté de lecteurs apparaît, ingrédients assurant une notoriété remarquée auprès d’un public aussi averti que non-initié. Des partenariats institutionnels et  privés confortent un succès grimpant, le tout complété par l’organisation d’événements festifs alliant accrochages et musique dans des lieux pointus de la capitale. De ces joyeuses festivités, sans nulle autre prétention que celle de rencontrer de jeunes artistes, est apparue une évidence: le goût pour le commissariat d’exposition de la scène contemporaine. Concevoir une exposition, trouver un lieu, soutenir des artistes… Si le métier n’était pas encore nommé, les actions, elles, s’apparentaient déjà à celles d’un galeriste. Preuve en est, en 2013, Guido Romero Pierini présente sa première exposition collective aussi remarquable que remarquée dans le milieu de l’art. De là, s’enchaînent les rencontres – artistes, futurs associés – et les expositions itinérantes, jusqu’à l’ouverture en 2015 d’une galerie fixe avec Lei Dinety. Après cette expérience, Guido Romero Pierini s’associe avec Michael Timsit, propriétaire de lieux d’exception à Paris, pour s’orienter vers un modèle de galerie nomade, où chaque écrin est sélectionné en fonction des œuvres à présenter.

Un bel écrin sinon rien 

S’il tend à redevenir physique, Guido Romero Pierini conçoit d’abord son métier de galeriste comme un curateur. Le nomadisme répond certes à une vision de liberté, mais il est plus encore une façon de ne pas faire de concession sur le lieu d’exposition, voulu délibérément comme un espace d’envergure muséale à la hauteur de ce qui est présenté. Pour Guido Romero Pierini, l’écrin est le médium du discours proposé, valorisant tout à la fois le travail de l’artiste et sa pensée, la révélation de la forme et son dialogue, le cheminement du sens et son articulation. La galerie doit être un espace-temps à part, lieu propice à la réflexion ou à la contemplation, à l’échange comme à l’introspection, chose difficile à mettre en place aujourd’hui dans les quelques mètres carrés disponibles à Paris. 

Guido Romero Pierini soigne chaque présentation, en offrant à ses artistes des expositions monumentales sur plusieurs centaines de mètres carrés au cœur du Marais. Il s’entoure également de critiques d’art pour l’écriture de textes analytiques et littéraires, toujours dans cette même volonté de formuler un discours visible et lisible au service de l’art. 

Une affaire d’affinité 

«Les artistes et collectionneurs avec qui je travaille sont avant tout mes amis.» Guido Romero Pierini le revendique: l’affinité est essentielle dans toute collaboration. Inspiré par Suzanne Tarasieve, pour qui il a déjà été commissaire d’exposition, Guido Romero Pierini partage une vision de l’art conviviale, basée sur des liens chaleureux et sincères entre ses acteurs. Une authenticité qui se reflète dans son caractère et son apparence, arborant un style minimaliste raffiné, loin du combo chemise blanche/veste cintrée du galeriste traditionnel. Pareillement, il assume de défendre une ligne curatoriale tournée vers la peinture, en représentant Lou Ros, Éric Bourguignon, Simon Pasieka, Marion Bataillard ou Justin Weiler, et tend à s’ouvrir vers d’autres médiums, comme la sculpture avec Samuel Yal. Ces artistes ont en commun de livrer des bribes autobiographiques silencieuses ou touchant à l’ordre de l’existence en tant que réalité ou fiction.  Une esthétique du sensible donc, à l’image de la personnalité de Guido Romero Pierini.


Portrait réalisé par Anne-Laure Peressin (avec Jeunes Critiques d’art), dans le cadre de Galeristes 2019.

While there are futures that are all planned out, there are also lucky coincidences, which lead to unexpected destinies. Guido Romero Pierini’s story is one of those, which we enjoy listening to, because it shows that nothing is set is stone.

For this Italian-Spanish gallerist, who has lived all his life in Paris, the art world first related to objects, which his grand- parents found in antique shops, as well as museums such as the Louvre, which he visited numerous times as a child, and finally all the summers he spent in Tuscany, bathed in the Florentine cultural heritage. A classical aura definitely nurtured Guido Romero Pierini’s first artistic memories, yet they didn’t prevent him from taking on the path of contemporary art — the result of fortuitous events and chance encounters, which turned out to be decisive.

The onomatopoeia of art

After studying applied foreign languages at the Sorbonne, Guido Romero Pierini started off as a trilingual translator — a profession relating to the art of words that matched his love for literature. Meanwhile, he also launched a website in 2011: the writing platform BoumBang dedicated to contemporary art — a field that eventually took a preponderant place in his life the day, when he met the artist Lou Ros. He had a revelation and a friendship was born: the future gallerist had just met the first artist he would represent.

His knowledge deepened publication after publication on boumbang.com, just as a network and a community of readers progressively developed — all ingredients that would ensure his reputation among an audience of both connoisseurs and neophytes. Institutional and private partnerships also bolstered his growing success, which he further achieved through the organisation of festive events mixing exhibitions and music in various specialised places of the capital. Through these joyous festivities, which had no other pretention than that of meeting young artists, his interest in curating shows became self-evident. Conceiving exhibitions, finding places, and further supporting artists within the contemporary scene simply imposed themselves to him… The profession wasn’t named yet, but his actions already spoke loudly, resembling those of a gallerist. In 2013, Guido Romero Pierini presented his first collective exhibition — a remarkable event that made quite an impression within the milieu. Numerous encounters with artists and future associates ensued, as well as many itinerant exhibitions until the opening, in 2015, of a permanent gallery in association with Lei Dinety.

Following this, Guido Romero Pierini eventually partnered with Michael Timsit, the owner of exceptional places in Paris, and together they conceived a model of nomadic gallery, selecting each locale according to the works to be exhibited.

A beautiful setting or nothing

If his profession as a gallerist tends to become anchored again, Guido Romero Pierini first conceives his activity from a curatorial standpoint. Nomadism certainly relates to a certain vision of freedom, yet it is for him even more a way to avoid having

to make any concession when it comes to the exhibition space. He deliberately chooses places for their museum-like scale so that to measure up to the quality of the works he plans to present in them. For Guido Romero Pierini, settings are a medium for a given discourse, which highlight the artist’s work and his thinking altogether, the revelation of a form, its dialogue, meaning-making and articulation. The gallery has to be a unique time-space, a good environment for reflexion and contemplation, exchange as much as introspection, which is a difficult thing to implement today in Paris with its little square metres available.

Guido Romero Pierini takes great care of each presentation by offering his artists monumental exhibitions, which deploy over hundreds of square metres in the middle of Le Marais. He also commissions analytical and literary texts to art critics, always with the same desire to formulate a discourse both visible and legible at the service of art.

A matter of affinity

“The artists and collectors I work with are above all my friends.” For Guido Romero Pierini, affinity is essential in any collaboration. While he previously curated exhibitions for Suzianne Tarasieve, he shares with this inspiring gallerist a convivial vision of art, based on warm and sincere relationships between its different actors. This authenticity further reflects on both his personality and looks. He has a sophisticated minimalist style, far from the usual combo of the white shirt/fitted jacket worn by most gallerists. Similarly, he further took upon himself to defend a curatorial orientation resolutely turned towards painting, representing artists such as Lou Ros, Éric Bourguignon, Simon Pasieka, Marion Bataillard, and Justin Weiler, all the while remaining open to other mediums like sculpture with Samuel Ya. All these artists deliver often-silent autobiographic scraps, which approach existence as reality or fiction. Together they unfold an aesthetics of the sensible, not unlike Guido Romero Pierini’s personality.


Portrait written by Anne-Laure Peressin with Jeunes Critiques d’art for Galeristes 2019.
Translated from French by Violaine Boutet de Monvel.

Galerie Guido Romero Pierini

21 rue Chapon
75003 Paris
+33 6 89 08 91 66
guidoromeropierini@gmail.com

Du mardi au samedi de 11h à 19h
Tuesday – Saturday from 11 am to 7 pm

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